J’attends des jumeaux, mais l’ex-femme de mon mari menace notre bonheur…

« Tu ne remplaceras jamais ma mère ! » La voix de Camille, la fille de mon mari, résonne encore dans le couloir fraîchement repeint. Je serre la rampe de l’escalier, le cœur battant, les larmes aux yeux. Je suis enceinte de jumeaux, épuisée par les nausées et les nuits sans sommeil, et pourtant, c’est cette phrase qui me terrasse plus que tout.

Tout avait pourtant si bien commencé. Après deux ans d’amour avec François, nous avions enfin trouvé notre cocon à Angers : une petite maison en pierre, un jardin où je rêvais déjà de voir courir nos enfants. Les travaux avaient été longs, mais chaque coup de pinceau était une promesse d’avenir. François m’aidait à porter les cartons, posait sa main sur mon ventre arrondi, murmurait des mots doux à nos bébés. J’avais l’impression d’avoir gagné ma place dans sa vie, malgré son passé.

Mais il y avait Sophie. L’ex-femme. Toujours présente, toujours à rappeler à François qu’il avait des devoirs envers Camille. Je comprenais : Camille n’avait que dix ans, elle avait besoin de son père. Mais Sophie ne ratait jamais une occasion de me faire sentir étrangère. Un texto ici : « N’oublie pas que Camille est allergique aux noisettes, même si ce n’est pas TA fille. » Un appel là : « François, tu pourrais venir réparer la chasse d’eau chez moi ? C’est urgent. » Et chaque fois que Camille passait le week-end chez nous, elle arrivait avec une valise pleine de reproches.

Un samedi matin, alors que je préparais des crêpes pour le petit-déjeuner, Camille est entrée dans la cuisine. Elle a regardé mon ventre, puis m’a lancé : « Pourquoi tu veux deux bébés ? Tu n’aimes pas déjà assez papa ? » J’ai tenté un sourire : « On t’aimera toujours autant, tu sais. Tu seras la grande sœur la plus géniale du monde. » Mais elle a détourné les yeux.

François essayait de faire tampon, mais il était pris entre deux feux. Un soir, il est rentré tard, le visage fermé. « Sophie veut qu’on change le week-end de garde. Elle dit que Camille n’est pas bien ici… Elle pense que tu prends trop de place. » J’ai senti la colère monter. « Et toi, tu en penses quoi ? Tu veux que je disparaisse pour lui faire plaisir ? » Il m’a regardée sans répondre.

Les semaines ont passé, et la tension est devenue insupportable. Je me suis surprise à redouter les week-ends où Camille venait. J’avais peur d’un mot de travers, d’un regard blessant. Un dimanche soir, alors que je rangeais la chambre des enfants en préparant les affaires pour la maternité, j’ai trouvé un dessin glissé sous la porte. On y voyait une maison coupée en deux par un éclair, avec Camille d’un côté et moi de l’autre. J’ai éclaté en sanglots.

J’ai appelé ma mère à Nantes. « Je n’en peux plus… J’ai peur que mes bébés ressentent tout ce stress… Je voulais juste une famille heureuse… » Elle m’a écoutée en silence, puis m’a dit doucement : « Tu dois parler à François. Tu ne peux pas porter tout ça seule. »

Le soir même, j’ai attendu que Camille soit couchée pour parler à François. Ma voix tremblait :
— Je ne veux pas choisir entre toi et mes enfants… Mais je ne peux plus vivre comme ça.
Il a pris ma main.
— Je t’aime, Claire. Mais je ne sais plus comment gérer Sophie… Elle menace de demander la garde exclusive si on ne fait pas comme elle veut.
— Et moi alors ? Tu penses à moi parfois ?
Il a baissé les yeux.

La nuit suivante, j’ai fait un cauchemar. J’accouchais seule dans une chambre d’hôpital vide, et personne ne venait me voir. Je me suis réveillée en sueur, le cœur serré par l’angoisse.

Quelques jours plus tard, Sophie a débarqué devant chez nous sans prévenir. Elle voulait « parler d’adulte à adulte ». Dans le salon, elle a planté ses yeux dans les miens.
— Tu crois vraiment pouvoir effacer dix ans de ma vie avec François ? Tu crois que tes jumeaux vont tout régler ?
J’ai senti la colère monter.
— Je ne veux rien effacer. Je veux juste qu’on puisse vivre en paix… Pour Camille aussi.
Elle a ri jaune.
— La paix… Tant que tu seras là, il n’y aura jamais de paix.

Après son départ, j’ai craqué devant François.
— Je ne peux pas continuer comme ça… Si tu ne mets pas de limites avec elle, je partirai.
Il m’a regardée longtemps avant de répondre.
— Je vais lui parler. Je te le promets.

Depuis cette confrontation, les choses sont restées tendues mais François a commencé à s’affirmer face à Sophie. Il a refusé certains caprices et a proposé une médiation familiale. Camille reste distante mais parfois, elle s’approche de moi quand je parle aux bébés dans mon ventre.

Je me demande chaque jour si notre famille tiendra le coup face à tant de rancœur et de jalousie. Est-ce qu’on peut vraiment construire du bonheur sur les ruines d’un passé douloureux ? Est-ce que l’amour suffit pour réparer ce qui a été brisé ? Qu’en pensez-vous… Est-ce que vous avez déjà vécu ça vous aussi ?