Ma meilleure amie a épousé mon ex-mari… puis m’a abandonnée quand j’avais le plus besoin d’elle
« Tu ne peux pas me faire ça, Claire ! » Ma voix tremblait, résonnant dans la petite cuisine de mon appartement à Nantes. Je serrais la tasse de café entre mes mains, comme si elle pouvait empêcher mon monde de s’écrouler. Claire, debout devant moi, évitait mon regard. Elle triturait nerveusement la manche de son pull, ce même pull qu’elle avait emprunté chez moi des dizaines de fois, avant que tout ne change.
Je m’appelle Sophie. J’ai 39 ans, un fils de quinze ans, Benjamin, et jusqu’à il y a deux ans, une meilleure amie qui était comme une sœur : Claire. Nous nous sommes connues au lycée Clemenceau. On partageait tout : nos rêves, nos peurs, nos premiers amours. C’est elle qui m’a soutenue quand j’ai rencontré Marc, celui qui allait devenir mon mari… puis mon ex-mari.
Marc et moi, on s’est aimés vite et fort. Trop fort peut-être. Après la naissance de Benjamin, les disputes ont commencé. Les silences pesants, les reproches voilés. Claire était toujours là pour moi. Elle gardait Benjamin quand je n’en pouvais plus, elle m’écoutait pleurer au téléphone à minuit passé. Je croyais que rien ne pourrait briser ce trio : moi, mon fils et mon amie.
Mais la vie a ses propres plans cruels. Le divorce a été un déchirement. Marc est parti s’installer dans le centre-ville, et Benjamin a commencé à passer une semaine sur deux chez lui. J’ai essayé de tenir bon pour mon fils, mais chaque séparation me déchirait un peu plus.
C’est à ce moment-là que Claire a commencé à changer. Elle venait moins souvent. Elle répondait à mes messages avec des excuses vagues : « Je suis débordée au boulot », « Je dois aider ma mère ». Je sentais qu’elle me cachait quelque chose, mais je refusais d’y croire.
Un soir d’hiver, alors que la pluie martelait les vitres et que Benjamin faisait ses devoirs dans sa chambre, j’ai reçu un message de Marc :
« Il faut qu’on parle. »
Je suis allée chez lui le lendemain. Il m’a annoncé qu’il était en couple avec quelqu’un… et que c’était Claire.
J’ai cru que le sol s’ouvrait sous mes pieds. Je n’arrivais pas à respirer. Comment avait-elle pu ? Comment avait-il pu ?
Je suis rentrée chez moi en titubant. J’ai appelé Claire. Elle a décroché après la troisième sonnerie.
— Sophie… je suis désolée…
— Tu es désolée ?! Tu étais ma sœur !
— Je ne l’ai pas cherché… C’est arrivé…
— Tu aurais pu me le dire !
— J’avais peur de te perdre…
Le silence s’est installé entre nous, glacial et définitif.
Les mois ont passé. Claire et Marc se sont installés ensemble. Benjamin m’a avoué qu’il avait du mal à accepter la situation : « Maman, c’est bizarre… Claire était toujours là avant… maintenant elle est avec papa… »
J’ai tenté de rester digne devant mon fils, mais chaque fois que je croisais Claire au marché ou devant le collège, j’avais l’impression qu’on m’arrachait un morceau du cœur.
Puis est arrivé ce jour où j’ai eu besoin d’elle plus que jamais. Mon père est tombé gravement malade. Ma mère s’effondrait, Benjamin était perdu, et moi je jonglais entre l’hôpital et le travail à la médiathèque municipale. J’ai envoyé un message à Claire :
« J’ai besoin de toi. Papa est à l’hôpital. »
Pas de réponse.
J’ai insisté :
« S’il te plaît, Claire… »
Rien.
C’est Marc qui m’a appelée deux jours plus tard :
— Claire pense que c’est mieux de prendre ses distances… Pour éviter les tensions avec Benjamin…
J’ai raccroché sans un mot. J’étais seule. Vraiment seule.
Les semaines suivantes ont été un tunnel de fatigue et de tristesse. J’ai vu des collègues se mobiliser pour m’aider avec Benjamin ou m’apporter des plats faits maison. Mais jamais Claire.
Un soir, alors que je rangeais les affaires de mon père après son décès, j’ai retrouvé une vieille photo de nous trois : Claire, Marc et moi sur la plage de Pornichet, insouciants et heureux. J’ai éclaté en sanglots.
Benjamin est venu me prendre dans ses bras :
— Ça va aller, maman… On est ensemble.
Aujourd’hui encore, je me demande comment on peut survivre à une double trahison : celle d’un amour qui s’effondre et celle d’une amitié qui s’évapore quand on en a le plus besoin.
Est-ce que c’est moi qui ai trop attendu des autres ? Ou bien certains liens sont-ils faits pour se briser ? Qu’auriez-vous fait à ma place ?