J’ai vu mes voisins sombrer dans la misère en silence, et mes parents m’ont appris à aider sans jamais le dire
Je me revois encore sur le palier, à entendre les ventres vides des enfants derrière une porte qu’on n’ouvrait presque plus. J’ai aidé en cachette avec mes parents, entre sacs de courses laissés la nuit et billets glissés sans un mot, parce que dans notre quartier la pauvreté devait rester invisible. Des années plus tard, je n’arrive toujours pas à savoir ce qui m’a le plus brisée : leur détresse, ou le silence qu’on nous imposait autour d’elle.