Après avoir porté seule la fin de vie de mon père, mon frère m’a demandé d’abandonner ma part de la maison pour ses enfants
Je me suis retrouvée face à mon frère chez le notaire, quelques semaines après l’enterrement de notre père, alors que je pensais encore entendre sa toux dans le couloir de la maison familiale. J’ai vécu seule les années de maladie, les nuits sans sommeil, les papiers, les rendez-vous, les humiliations silencieuses de la dépendance, et on m’a quand même demandé de me taire au nom de l’avenir des enfants de mon frère. J’ai fini par céder presque toute ma part pour que la guerre s’arrête, mais j’y ai laissé bien plus qu’un morceau de maison : j’y ai perdu mon frère.