Le soir où j’ai fermé la porte derrière moi, j’ai compris que je n’étais pas née pour m’effacer

J’ai passé des années à m’oublier pour tenir la maison, élever mes enfants et supporter les remarques humiliantes de mon mari. Quand j’ai décidé de reprendre des études et de m’engager dans une association, il a tout fait pour me faire douter, jusqu’au jour où j’ai quitté le domicile pour recommencer seule à Lyon. Aujourd’hui, je me reconstruis pas à pas, avec de la peur encore, mais surtout avec cette sensation bouleversante de redevenir enfin moi.

On m’a demandé si Julien savait vraiment “dans quoi il s’engageait” en m’épousant en fauteuil, et ce jour-là j’ai compris que le plus lourd n’était pas mon handicap, mais le regard des autres

Je me suis retrouvée au milieu des préparatifs de mon mariage à devoir défendre mon couple, comme si l’amour de Julien devait passer un examen à cause de mon fauteuil. J’ai dû encaisser les doutes de ma famille, la pitié maladroite des proches et cette peur sourde d’être perçue comme un poids, alors même que je me battais pour retrouver ma place. En parallèle, mon engagement dans une association m’a aidée à relever la tête et à redevenir actrice de ma vie, pas seulement la femme qu’on plaint.